Politique: Alpha Kabine BARO, abus de confiance ? Une militante alors passionnée mais aujourd’hui désabusée, sur le grill de nos questions (interview)

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Madame Traoré Mariama Koulako Sidibé

Madame Traoré née Sidibé Mariama Koulako, résidant au Royaume chérifien, Maroc, se dit être victime d’escroquerie et d’abus de confiance de la part du leader sir BARO Alpha Kabine, président du parti Nouvelle Génération pour le Panafricanisme Guinéen (NGPG). Nous avons essayé d’en savoir les dessous. Dans cette interview à bâton rompu, notre  compatriote est largement revenue sur sa « mésaventure ». Dans les prochains jours nous vous proposerons également la version des faits du mis en cause M. BARO Alpha Kabiné. En attendant, lisez plutôt celle de Madame Traoré !  

Vous dites avoir été l’objet d’arnaques ou d’escroquerie de la part de M.Baro Alpha Kabine, président d’un parti politique auquel vous avez appartenu. Voulez-vous nous en dire un peu plus ? 

« J’ai été arnaquée, escroquée et je pèse mes mots, il m’a vraiment tenue en esclavage avec la charge du travail à laquelle j’étais soumise. Et, le différend qui nous oppose aujourd’hui est parti de sa demande de confection de cartes de membres dans laquelle il m’a fait investir financièrement avec promesse de remboursement. Naïvement, j’y ai cru ».

Madame, merci d’être explicite et nous dire, comment est-ce que avez-vous fait sa connaissance

« C’était par l’entremise d’une connaissance à moi, un monsieur vivant ici au Maroc. Nos relations sont celles de confiance et de respect. Déjà membre du parti, il fera tout pour susciter mon adhésion au parti mais n’ayant aucun goût pour la politique, je lui ai d’abord opposé un refus catégorique. Cette réticence ne lui découragea pas et réussira donc à obtenir mon accord mais sous réserve d’apprécier sa biographie (parcours) et surtout le projet de société dudit parti dont le leader vit aux États-Unis. À la suite de quoi, convaincue, je leur ai envoyé mon CV plus une photo via l’adresse mail du parti.

Après avoir pris connaissance de mon cv, la direction du parti était convaincue et heureuse de me compter parmi eux. Le monsieur m’en a tenu informée et m’a convié du coup, un samedi, à une réunion du parti à Rabat. Étant à Casablanca et vu le trajet, il m’était impossible de débourser un kopeck, un dirham, pour aller assister à la réunion d’un parti que je venais à peine de découvrir. Il me rassura et prendra donc l’engagement de me rembourser le frais de transport une fois sur place et c’est ainsi que j’y suis allée. Mon intervention à cette occasion et dont la vidéo lui a été envoyée a été appréciée et il est directement entré en contact avec moi et me proposa le poste de première secrétaire à la communication avec toute la charge de travail que cela implique et, notamment l’administration de plateformes de discussions sur le réseau social Facebook. Il me parlera de sa formation politique et de son réseau ou carnet d’adresses, allant jusqu’à me confier que c’est même la présidence américaine, la Maison Blanche, qui lui aurait demandé expressément de se porter candidat pour briguer la magistrature suprême de notre pays. Louant la puissance américaine dont il serait le poulain et, il soutiendra que le professeur Alpha Condé lui, soutenu par les pays européens, ne saura lui faire face. D’autant plus qu’il a appartenu à l’US Marine Corps, le Corps des Marines américains, une des cinq branches des forces armées américaines. Donc, de facto, le prochain président guinéen en 2020 c’est lui ! J’ai été naïve et mon ignorance manifeste du jeu politique y était pour beaucoup, je regrette.

Avec cette responsabilité qui était désormais la mienne et mon implication passionnée dans la tenue de réunions qui se tenaient 3 fois par semaine en 3 heures chrono minimum, la charge de travail était trop importante pour une mère de famille avec deux petits enfants. En octobre et alors que je m’apprêtais à me retourner au pays, il m’en dissuada et me supplia de rester jusqu’en décembre de l’année dernière. Il était tellement fier de l’orientation du parti niveau communication, sous notre impulsion, qu’il s’était engagé en guise de reconnaissance de nos efforts, à rémunérer chaque 2 heures consacrées à la réunion à 500 dollars et cela d’octobre à fin mars 2019. Secondée finalement par un ami, Kourouma, qui se trouve au pays, la cellule de communication soignait l’image du parti. Car, nous avions aussi en charge la correction de ses textes avant toute publication.

J’ai misé sur la jeunesse pour un radieux avenir du pays mais, sans vouloir généraliser, ma déception est profonde et mon espoir s’étiole peu à peu. À qui, aujourd’hui, peut-on faire confiance ? »

Madame, vous étiez la chargée de com du parti, comme toute formation politique il y’a besoin d’installer des antennes un peu partout. Dites-nous, en aviez-vous au Maroc et comment fonctionnait-elle ?

« Oui, il y avait une à Rabat et une autre à Dakhla mais je n’en sais pas trop le fonctionnement. Nous, nos réunions étaient plus centrées à ce moment-là sur la confection des cartes de membres. Ce travail relevait plutôt de la compétence de la représentante ou du référent. Quant aux cartes, l’unité était vendue par le parti à 1 euro, soit 10 dirhams et soit 10 000 FG dont le prix d’achat ou de confection ne dépassait pourtant pas 3 000 FG. Pour ce qui est de l’installation du parti à l’échelle nationale, un certain monsieur Diallo, a fait un travail remarquable ».

Qui est-ce qui représentait le parti au Maroc ? 

« C’est une dame que nous appelons communément Hadia la grande et répondant au nom de Saninba Sidimé. Elle vit à Rabat avec sa fille et y travaillait mais, pour pouvoir se consacrer au parti, M.Baro lui demandera de mettre fin à la scolarisation de cette dernière et d’arrêter le travail. Le tout dans l’optique de rentrer au pays au mois de décembre et là, il promet de donner maison et voiture à la pauvre dame qui y a cru, hélas. Actuellement, elle vit dans un pétrin ici, du fait de celui qui laisse croire qu’il est le candidat choisi du président américain, M.Trump, avec qui, il entretiendrait un contact suivi ».

D’accord. Mais, revenons un instant sur la confection des cartes. Vous dites qu’il vous doit un montant de 2 000 euros et même plus. Merci de nous aider à y voir clair 

« En vérité, cette affaire aurait dû m’interpeller tant la combine était flagrante. Une dame du nom de Mabinty, 4e vice-présidente, complice de M. Baro et qui assure pour le président tout travail maléfique ou de marabout, avait en charge cette confection. Il semblerait qu’elle a détourné l’argent dédié à cela et le président ne lui faisait plus confiance, aujourd’hui, je doute même de la véracité de cet envoi d’argent. Un jeune, Rahim, travaillant dans une imprimerie devait finalement se charger de l’impression des 10 000 cartes et qui leur aurait coûtée autour de 3 000 euros. La direction du parti me demandera d’avancer une somme de 500 euros à Conakry pour l’impression des cartes, je m’y suis refusée en trouvant de prétextes. Néanmoins, j’ai contacté une imprimerie marocaine pour l’émission des 10 000 cartes et c’était plutôt avantageux car de moindre coût et de qualité. Qui, pour payer ? Ils me le demandèrent, ce, pendant plusieurs jours mais je refusai de m’engager pécuniairement. Ils n’ont eu de cesse de me supplier et sans savoir comment en vérité, j’ai cédé et déboursé les 2 000 euros pour la conception et l’impression desdites cartes. Outre ce montant, les frais de transport et l’envoi de colis pour l’équipe de Conakry étaient aussi considérables.

Leur argument, le président a des transactions financières en cours et le remboursement se fera, juste après le déblocage. Ils abuseront de ma confiance. Le président a jugé utile de mettre les gens à contribution pour les cartes et lui, bizarrement pour un parti dont il est la première personnalité, sa contribution devait se limiter à 100 dollars. Pour celui qui ne parle que de sommes mirobolantes, il y avait lieu de se poser des questions. Alors que de bonnes volontés commençaient à se manifester dont le chargé à la mobilisation qui a donné 50 dollars, je m’y suis opposée et en demandant qu’aucun membre ne devrait payer pour l’établissement de sa carte. Me suis-je dit, qu’il pourrait réunir l’argent des membres et en faire un autre usage. Mon mari tenait à ce que je rentre enfin, et j’ai demandé à ce que M. Baro défalque le prix de nos billets qui était à 1 400 dollars, impossible. Croyant qu’il avait conscience du tort qu’il me causait, il me dira qu’il ajouterait 500 euros à mon argent, portant le montant à 2 500 euros. Cela ne m’enchantait pas, il avait promis de venir nous chercher dans un avion mis à sa disposition par ses partenaires et de rentrer ensemble en décembre, promesse non tenue. J’en avais marre et instant pour le remboursement de mon argent, il ne trouvera pas mieux que de proposer à ce que je sois enlevée de la cellule de communication et de rester son assistante personnelle. Il y avait un piège, cela subtilement m’écartait de l’administration des plateformes. Le comprenant, je lui ai moi-même retiré de l’administration de certains espaces de discussion, ce qui lui dissuadera avec l’intervention d’autres membres, de me maintenir à la communication. D’ailleurs, il prendra lui aussi, plus tard, la décision de me retirer de toutes les plates-formes de discussion. C’était prévisible ».

Merci de la précision, chère madame. Aussi, vous étiez informée des préparatifs de son voyage en Guinée, que saviez-vous des raisons de son séjour ? 

« De ce que nous savions, c’était pour un séjour de trois jours avec ses partenaires qui seraient décidés de financer ses activités politiques. Nous en ignorions les motivations, mais nous nous sommes finalement rendus compte que l’agrément était la condition du financement de son parti et pour lequel il était au pays. Alors que lui-même, nous a dit que sa formation politique avait déjà l’agrément. Mensonge. Et, pour nous en convaincre, il nous avait même montré un document dont je vous transmettrai une copie qui serait la preuve de l’agrément. Sauf qu’après vérification auprès du ministère de tutelle, MATD, Ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation, il s’avère que le document est faux ».

Apparemment, M.Baro semble tenir le président responsable de ce qui lui arrive. Que vous disait-il de ses relations personnelles avec lui, mise à part le fait que ce dernier lui aurait proposé d’être ministre de la défense ? 

« Il nous disait que le président avait de très bonnes relations avec leur père qui était d’ailleurs son parrain, celui à qui il rendait régulièrement visite à Coléah, alors opposant. De ce faite, il a toujours été en de très bons termes avec lui et que sa sœur, madame Sonna Baro, est encore conseillère à la présidence de la République. Celle qui s’est engagée pour le paiement de notre argent et probablement, complice de la sortie clandestine de son frère du pays.

Le président aurait même commis M. Keïta Bouna de lui convaincre de rejoindre le parti au pouvoir, Rpg-arc-en-ciel, mais qu’il leur a opposé un refus, sans rien nous en dire davantage. Sauf qu’il veuille se porter candidat; mais c’est le même qui a voulu faire décerner une médaille au président, pour des raisons que nous ignorons et au nom de quelle structure ! C’est un personnage flou ».

  1. Baro a été arrêté et privé de sa liberté pendant quatre jours. Quand est-ce aviez-vous porté plainte contre lui, est-ce avant ou pendant son séjour ?

« C’était plutôt avant, dès qu’il nous a retirés de ses pages. Les gens nous ont alertés de sa décision de ne plus me rembourser ; nous étions là, au cœur de l’arnaque. Et, c’est ainsi que nous avons contacté les services du colonel Tiégboro qui ont procédé à son arrestation ».

Politique et affaires. Il n’a eu de cesse de vous parler de ses partenaires américains et australiens dont l’ancien sportif Aleviar Cloe Canlay Henderson, qui a grande envie d’investir sur la terre de ses ancêtres. Mais, que pouvait-il leur promettre ? 

« Que s’il est élu président, la langue officielle sera l’anglais et qu’il leur fera bénéficier de la faveur des marchés publics, dont entre autres celui de l’énergie et que la Guinée sera à l’image des États-Unis ».

Vous qui ne vous êtes jamais intéressée à la chose politique et, mais en si peu de temps vous avez connu la ferveur militante, la passion de la politique, vous aviez de l’espoir, cet espoir aujourd’hui douché, cet espoir déçu, à vous entendre. Quel message avez-vous à l’endroit de nos compatriotes ? 

« Au regard de cette première expérience militante, je ne puis vraiment rien dire sinon qu’exprimer ma déception. Sans vouloir insulter l’avenir, rien ne ravivera en moi cette flamme qui s’éteint, rien mais rien ne suscitera chez moi un quelconque intérêt pour la politique. Quant aux compatriotes déjà engagés, je leur recommande de la vigilance citoyenne et surtout les considérations objectives dans leur choix. Celles et ceux qui ne sont pas encore engagés, je ne la leur conseillerai pas ! Personnellement, j’en ai ma claque et j’apprends à mes dépens que la politique n’est jamais un jeu franc. J’ai eu affaire à un réseau, une bande d’escrocs dont il faut absolument mettre hors d’état de nuire ».

Entretien réalisé par Amara Pendessa

1 COMMENTAIRE

  1. Bien dit mr Pendessa fière de vous pour ce noble travail le combat continu la vérité ou rien en Guinée la jeunesse guinéen a tant souffert pourquoi politique peut elle être sinonyme d’escroquerie d’arnaque enfin on sait plus ou mettre la tête dénonçons c’est la meilleure façon d’éviter les autres à tomber dans le même filet que la dame koulako

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