Opinion: des arguments insensés, fallacieux, un mensonge d’Etat pour tenter de justifier l’injustifiable (Par Sow Boubacar )

Invoquer le ridicule argument d’une prétendue « NÉCESSITÉ DE MODERNISER LES INSTITUTIONS GUINÉENNES » pour justifier le projet de réforme ou de changement de la constitution guinéenne, est une véritable ineptie, un véritable mensonge d’Etat.

Comment voulez-vous en effet, qu’un Président de la République qui a sciemment fait inféodé toutes les institutions républicaines (Assemblées nationale, cours constitutionnelle, cours suprême, conseil économique et social, haute autorité de la communication, la commission nationale électorale dite indépendante…à la présidence de la République, puisse nous faire croire que le projet de changement constitutionnel est motivé par sa volonté de moderniser les institutions républicaines guinéennes ?

Moderniser les institutions républicaines, c’est d’abord, les installer toutes y compris la haute cours de justice pour que tous les justiciables, le Président de la République compris, puissent répondre de tout acte violent les lois de la République.

Moderniser les institutions de la République, c’est respecter la séparation de pouvoirs, doter chaque institutions des moyens nécessaires à l’accomplissement correcte de sa mission.

Moderniser les institutions, c’est de les doter des cadres au dessus de la mêlée, patriotes, intègres et responsables pour servir non pas un homme, mais le peuple qui assure leur prise en charge grâce aux impôts et taxes qu’ils s’acquittent pour renflouer les caisses de l’Etat.

Moderniser les institutions, c’est faire respecter le calendrier électoral pour tenir toutes les élections locales et nationales à date.

Moderniser les institutions, c’est permettre à la population de connaître leurs rôles, missions et responsabilités pour qu’elle puisse y recourir en cas de besoin ou de nécessité.

Moderniser les institutions y compris la présidence de la République, c’est de ne pas confondre son destin, ses désidératas personnels avec celui du pays.

Moderniser les institutions, c’est respecter et faire respecter les lois de la République et en être garant de leur application juste, équitable et impartiale.

Moderniser les institutions, c’est respecter la loi suprême du pays qui encadre l’exercice du pouvoir par le Président de la République.

Moderniser les institutions, c’est considérer l’institution de la Présidence de la République comme le maillon fort, la référence en matière de respect des règles démocratiques et de la bonne gouvernance.

Moderniser les institutions c’est privilégier la compétence à la place de la récompense politique dans le choix de leurs dirigeants;

Moderniser les institutions, c’est faire en sorte qu’elles soient fortes à la place d’avoir des hommes forts à leur tête.

Moderniser les institutions c’est d’arrêter d’interférer dans les décisions judiciaires.

Moderniser les institutions c’est exiger aux cadres qui les dirigent, des résultats et non de soumission ou d’obéissance.

Si notre Président avait fait de ces préoccupations qui sont loin d’être exhaustives, la sienne; il aurait aujourd’hui pour son pays, d’autres défis, d’autres rêves, d’autres ambitions à quasiment, une année de la fin de son deuxième et dernier mandat entant que chef de l’exécutif de son pays; la République de Guinée.

Malheureusement, avec un bilan négatif dans ces différents aspects, ce n’est pas au crépuscule de son règne qu’il va convaincre les guinéens, que c’est une nouvelle constitution qui va comme une baguette magique, régler les insuffisances de ses 9 ans à la tête de son pays.

Sow Boubacar, Coordinateur de l’antenne suisse du FNDC; Fribourg; Suisse