Douga, la chanson des vautours (Par Alpha Kabinet Doumbouyah)

En 1235, époque des intrépides guerriers pour la cause noble, fut instituée la Charte de kourou kan fouga, le texte fondateur qui régule la vie en société.

41 articles, dans lequel les droits humains sont pris en compte. Le devoir sociétale également.

Cette loi fondamentale qui a su braver le temps, est reprise dans de multiples formes, par toutes les constitutions, ayant eu droit de cité dans nos états africains, au sud du Sahara.

Au-delà des Pyrénées, pas mal de similitudes entre la charte de kourou kan fouga et les constitutions ; comme celles de la France où, il est interdit d’inquiéter un affamé qui a assouvi sa faim dans un hôtel, sans un sou, s’il n’a pas ajouté à son menu une boisson alcoolisée.

‘’N’est pas voleur celui qui pénètre votre champ de manioc pour en manger à sa faim, tant qu’il n’en sort pas avec un bout de morceau de ce tubercule’’

784 ans se sont écoulés, sans que des générations ne changent un seul bout de ces articles élaborés avec humilité.

A l’image des pyramides d’Egypte, l’on continue encore à magnifier la grandeur d’âme de ceux qui ont pensé à produire ce sacré document historique, tiré des fonds baptismaux.

En quelques mois seulement, des guinéens, ceux de la petite bourgeoisie, à leur dévotion des passionnés de la politique, s’acharnent contre une constitution qui a affranchi le pays de la dictature du culte de la personnalité.

Depuis 2010, les guinéens ont désormais la chance d’avoir :

Un civil à la tête de l’état,

Un président démocratiquement élu, a un mandat de 5 ans,

Le mandat du président élu, est renouvelable une seule fois.

En interrogeant l’histoire, la Charte de Kourou Kan Fouga est née des cendres d’un régime qui avait atteint son apogée sous le règne de SoumanGourou Kanté, déboulonné par le rédempteur Soundiata Keita, après son exil causé par les affres d’un pouvoir sans partage. Celui qui fut l’ennemi Numéro 1, et dont la tête a été mise à prix par le pouvoir sanguinaire, a changé le cours de l’histoire au nom de son peuple, meurtri dans le cœur.

Les signes de Dieu sont insondables. Le peuple du 28 septembre a enregistré le pire massacre de son époque à l’intérieur même du sanctuaire dédié à la date historique de son combat face à l’empire colonial français. Une page sombre de son histoire qui lui a néanmoins permis de fermer les épisodes douloureux des exactions subies jusque-là.

Le sésame de la démocratie ainsi obtenu, au prix du sang de nos martyrs, a permis d’aboutir à l’élection présidentielle, dont le pays se réjoui aujourd’hui des retombées institutionnelles.

La Constitution ainsi mise en place a favorisé deux élections pour un candidat civil, qui a été plébiscité par le peuple pour le second mandat.

Celui qui fut alors l’heureux élu par deux fois, par son peuple est, comme Soundiata Keita, resté en exil, sa tête mise à prix par les régimes successifs, avant de venir en libérateur de la guinée du système du pouvoir continu par un seul homme. Investit de la confiance de son peuple, l’élu a lui-même juré par deux fois sur la Constitution des guinéens de 2010, de respecter et de faire respecter son contenu.

La chanson Douga, est donc entonnée pour les élites du moyen âge comme ceux des temps modernes pour leur bravoure, mais pour le respect de la parole donnée.

Alpha Kabinet Doumbouyah, journaliste et fondateur du site aubenouvelleguinee.com